Le Pétrole et le Gaz au Soudan : État des Lieux, Défis et Perspectives d’Avenir

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Résumé Exécutif

Le secteur pétrolier et gazier du Soudan se trouve à un carrefour critique, marqué par les conséquences profondes de la sécession du Soudan du Sud en 2011 et les effets exacerbants des conflits internes persistants. Historiquement vital pour l’économie soudanaise, le secteur a vu ses réserves et sa production considérablement réduites, transformant le Soudan d’un producteur majeur en un pays de transit essentiel.

Actuellement, les réserves prouvées de pétrole brut pour le Soudan et le Soudan du Sud combinés s’élèvent à environ 5 milliards de barils, tandis que les réserves de gaz naturel sont estimées à 3 billions de pieds cubes, bien que le gaz ne soit ni produit ni consommé. La production de pétrole du Soudan a montré une légère baisse, s’établissant à environ 200 471 barils par jour en décembre 2023. L’infrastructure pétrolière du pays, bien que robuste en termes de capacité nominale, souffre d’une sous-utilisation massive et de vulnérabilités accrues par les conflits, comme en témoignent les récentes perturbations de pipelines et les dommages aux raffineries.

Les défis sont multiples et interconnectés : un sous-investissement chronique, des problèmes de gouvernance endémiques, des subventions énergétiques coûteuses, et l’impact dévastateur de l’instabilité politique et des conflits armés sur les opérations et les revenus. Ces facteurs ont non seulement entravé la croissance économique, mais ont également eu de graves implications sociales et environnementales, notamment des déplacements forcés de populations et une pollution accrue.

Malgré ces obstacles, des opportunités émergent. La reprise partielle des exportations de pétrole du Soudan du Sud via les pipelines soudanais offre une perspective de stabilisation des revenus de transit. Parallèlement, le Soudan possède un potentiel considérable en énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, qui attire l’intérêt d’investisseurs et de partenaires internationaux, signalant une voie possible vers la diversification énergétique et une plus grande résilience économique. La réalisation de ces perspectives dépendra crucialement de l’établissement d’une stabilité politique durable et d’une gouvernance transparente.

Introduction

Contexte Géopolitique et Économique du Soudan

Depuis son indépendance en 1956, le Soudan a été le théâtre de deux guerres civiles majeures, la seconde s’étant achevée en 2005 par l’Accord de Paix Global (APG). Cet accord a jeté les bases d’un référendum pour l’indépendance du Sud, qui a conduit à la création du Soudan du Sud en juillet 2011. Cet événement a profondément modifié le paysage énergétique et économique du Soudan.  

Le pays est actuellement confronté à des défis macroéconomiques aigus, exacerbés par les conflits internes. L’économie est marquée par une inflation élevée et d’importants déficits budgétaires. Le conflit en cours au Soudan a, par exemple, fortement perturbé les routes commerciales et entraîné un afflux de plus d’un million de réfugiés et de rapatriés au Soudan du Sud, illustrant l’ampleur de la crise humanitaire et économique régionale. Ces turbulences politiques et économiques ont un impact direct et significatif sur la viabilité et le développement de son secteur énergétique.  

Importance Stratégique du Secteur Pétrolier et Gazier

Historiquement, le secteur pétrolier a joué un rôle central, bien que souvent controversé, dans la politique et l’économie du Soudan, façonnant sa trajectoire de développement. Avant la sécession du Soudan du Sud, le Soudan était un exportateur de pétrole important en Afrique. La perte de la majorité de ses réserves pétrolières a transformé son rôle, le pays devenant principalement un corridor de transit pour le pétrole du Soudan du Sud. Malgré cette transformation, le secteur reste d’une importance capitale pour les revenus du gouvernement, notamment grâce aux redevances de transit, et pour la sécurité énergétique intérieure, bien que la production nationale ne suffise plus à couvrir la demande. La stabilité du secteur pétrolier est donc intrinsèquement liée à la capacité du Soudan à gérer ses relations avec le Soudan du Sud et à stabiliser sa propre situation interne.  

Réserves et Production : Un Secteur en Mutation

Historique et Impact de la Sécession du Soudan du Sud (2011)

La sécession du Soudan du Sud en juillet 2011 représente l’événement le plus déterminant qui a fondamentalement remodelé le paysage énergétique du Soudan. La conséquence la plus immédiate et la plus drastique a été la perte par le Soudan de 75 % de ses réserves pétrolières au profit de la nouvelle nation indépendante. Cette division a entraîné une réduction substantielle de la capacité de production de pétrole brut du Soudan.  

Il est essentiel de comprendre la liaison géographique et opérationnelle intrinsèque entre les secteurs pétroliers des deux pays. La plupart des actifs de production pétrolière sont situés près de leur frontière commune ou s’étendent à travers celle-ci. Cette configuration a créé un paradoxe durable : le Soudan du Sud, bien que riche en pétrole, est enclavé et entièrement dépendant de l’infrastructure nordiste du Soudan pour l’exportation de son brut vers les marchés mondiaux. Cette dépendance mutuelle a établi une relation symbiotique mais intrinsèquement instable. Le Soudan compte sur les frais de transit pour ses revenus , tandis que le Soudan du Sud dépend des pipelines soudanais pour sa survie économique. Cette interdépendance crée une vulnérabilité régionale partagée, constamment mise à l’épreuve par l’instabilité politique et les conflits internes qui affectent les deux nations. La stabilité du secteur pétrolier soudanais, et par extension de son économie, est ainsi inextricablement liée à la situation politique et sécuritaire au Soudan du Sud, et vice-versa.  

État Actuel des Réserves et de la Production de Pétrole et de Gaz (2023-2024)

Pétrole Brut

Au début de 2024, le Soudan et le Soudan du Sud détenaient collectivement des réserves prouvées de pétrole brut estimées à 5 milliards de barils, un chiffre inchangé par rapport à l’année précédente. Cette stabilité dans les chiffres des réserves collectives suggère une absence de découvertes significatives ou de réévaluations majeures au cours des dernières années, ce qui indique une stagnation des efforts d’exploration et de développement.  

La production de pétrole brut du Soudan s’élevait à 200 471 barils par jour (Mb/j) en décembre 2023, marquant une légère baisse par rapport aux 206 052 Mb/j enregistrés en décembre 2022. Pour replacer cela dans un contexte historique, la production des champs pétroliers soudanais était de 59 000 b/j en 2021 , et elle avait chuté d’environ 130 000 b/j en 2013 à 72 000 b/j en 2019. Les chiffres de production fluctuants et généralement en déclin pour le Soudan soulignent les défis persistants du sous-investissement et de l’instabilité politique, qui empêchent le pays de maximiser son potentiel de production restant. La stagnation des chiffres des réserves, combinée à une production faible et fluctuante, indique un secteur amont dormant ou sous-développé. Cette faible production, malgré les réserves existantes, est directement attribuable à des investissements insuffisants dans les techniques de récupération améliorée et à l’impact omniprésent des conflits et des problèmes de gouvernance. Le secteur se caractérise davantage par la stagnation que par la croissance, et sa viabilité à long terme est incertaine sans de nouvelles découvertes substantielles ou un environnement d’investissement stable et attrayant pour exploiter plus efficacement les ressources existantes.  

Gaz Naturel

Le Soudan et le Soudan du Sud détenaient collectivement des réserves prouvées de gaz naturel estimées à 3 billions de pieds cubes au début de 2024, un chiffre également inchangé par rapport à l’année précédente. Malgré ces réserves, ni le Soudan ni le Soudan du Sud ne produisent ou ne consomment actuellement de gaz naturel.  

L’existence de réserves significatives de gaz naturel sans aucune production actuelle représente une ressource majeure inexploitée. Cette situation met en évidence une lacune critique dans le développement des infrastructures et l’investissement pour l’exploitation du gaz. Cela suggère une opportunité manquée pour la diversification énergétique et la consommation intérieure, d’autant plus que le Soudan est confronté à un grave déficit énergétique. Le développement de ces réserves de gaz pourrait offrir une voie viable pour réduire la dépendance aux importations de pétrole, améliorer la sécurité énergétique nationale et potentiellement générer de nouvelles sources de revenus, offrant un avenir potentiellement plus stable que le secteur pétrolier en déclin.  

Table 1: Réserves et Production de Pétrole et de Gaz au Soudan (2023-2024)

IndicateurUnitéValeur (2024)Valeur (2023)Valeur (2022)
Réserves de Pétrole Brut (prouvées)Milliards de barils5 (collectif SDN/SSD)  5 (collectif SDN/SSD)  N/A
Réserves de Gaz Naturel (prouvées)Billions de pieds cubes3 (collectif SDN/SSD)  3 (collectif SDN/SSD)  N/A
Production de Pétrole Brut (Soudan)Mb/jN/A200.471  206.052  
Production de Gaz Naturel (Soudan)N/A0  0  0  

Caractéristiques des Bruts Soudanais et Zones de Production Clés

Le Soudan et le Soudan du Sud produisent trois principaux mélanges de pétrole brut : le Dar, le Nil et le Fula. Le mélange Dar est un pétrole brut lourd à faible teneur en soufre, mais avec un indice d’acide total (TAN) élevé et des qualités corrosives qui peuvent rendre son raffinage difficile. Il est produit dans les blocs 3 et 7 du bassin de Melut, sous le contrôle du Soudan du Sud. Le mélange Nil est un pétrole brut moyen et cireux, produit dans le bassin de Muglad (blocs 1, 2A, 2B, 4 et 5A) ; ses caractéristiques le rendent plus attrayant pour les raffineurs en raison de ses rendements élevés en carburant et en gazole. Le mélange Fula, un brut très acide produit dans le bassin de Muglad (bloc 6), est traité pour la consommation intérieure.  

Les caractéristiques spécifiques de ces bruts, en particulier la nature corrosive du mélange Dar, posent des défis techniques inhérents au raffinage et, plus important encore, à l’entretien des pipelines. Cette propriété ajoute à la complexité opérationnelle et aux coûts potentiels, surtout dans une région qui souffre déjà d’un sous-investissement chronique et de dommages aux infrastructures liés aux conflits. L’incident de coagulation dans le pipeline Petrodar, qui a entraîné une rupture en février 2024 en raison d’une pénurie de carburant diesel pour le chauffage, pourrait être aggravé par de telles caractéristiques. Les propriétés techniques du brut lui-même exacerbent les défis de maintenance et d’exploitation de l’infrastructure de pipeline partagée, pouvant entraîner des perturbations plus fréquentes et des coûts de maintenance plus élevés, ce qui accentue la fragilité du secteur.  

Infrastructures Pétrolières et Gazières : Capacités et Vulnérabilités

Description Détaillée du Réseau de Pipelines et des Terminaux d’Exportation

Le Soudan est doté d’une « infrastructure pétrolière robuste » , bien que son état opérationnel actuel soit fortement affecté par les conflits et le sous-investissement.  

Le réseau de pipelines est étendu :

  • Le pipeline des blocs 1, 2 et 4 s’étend sur 1510 km avec un diamètre de 28 pouces, comprenant 6 stations de pompage et une capacité quotidienne de 500 000 barils. Il est relié à un terminal maritime capable de stocker 1,8 million de barils.  
  • Le pipeline des blocs 3 et 7, le pipeline Petrodar, est un conduit essentiel pour le transport du mélange Dar du Soudan du Sud. Il mesure 1472 km de long avec un diamètre de 32 pouces, dispose également de 6 stations de pompage et peut transporter jusqu’à 750 000 barils par jour. Il est connecté à un terminal maritime d’une capacité de stockage de 3 millions de barils.  
  • Le pipeline du bloc 6, d’une longueur de 716 km et d’un diamètre de 24 pouces, est équipé de 6 stations de pompage et a une capacité maximale de 250 000 barils par jour, transportant le pétrole vers la raffinerie de Khartoum.  
  • Au total, le réseau de pipelines du Soudan s’étend sur 3700 km, avec une capacité combinée de 1,5 million de barils de pétrole par jour, et une capacité totale de stockage des terminaux maritimes de 4,8 millions de barils.  

Les exportations de pétrole brut se font principalement depuis Port-Soudan vers les marchés asiatiques via le détroit stratégiquement important de Bab el-Mandeb. Les Forces armées soudanaises (SAF) ont conservé le contrôle du terminal d’exportation de Port-Soudan sur la mer Rouge.  

Les installations de traitement centrales (CPF) comprennent Heglig CPF (capacité de traitement de 350 000 b/j), Jabalyn CPF (300 000 b/j) et Fula CPF (200 000 b/j). La capacité totale de traitement de ces installations est de 850 000 barils par jour.  

La capacité nominale des infrastructures de pipeline et de traitement du Soudan est considérablement supérieure à la fois à la production intérieure actuelle du Soudan et aux volumes d’exportation du Soudan du Sud. Cette disparité frappante met en évidence une sous-utilisation massive des actifs existants. Cela signifie que si la stabilité revenait et que les investissements se matérialisaient, il y aurait une infrastructure existante suffisante pour soutenir une augmentation substantielle du débit, en particulier pour le pétrole du Soudan du Sud, sans nécessiter de nouvelles constructions importantes. Cette capacité latente représente un atout potentiel significatif pour le futur commerce énergétique régional et la reprise économique. Cependant, la réalisation de ce potentiel dépend de la stabilisation de l’environnement politique et sécuritaire, ainsi que de la réalisation des opérations de maintenance et de modernisation nécessaires pour restaurer l’intégrité des installations.  

Capacités des Raffineries et des Installations de Traitement Centrales

La capacité de raffinage domestique du Soudan s’élève à 110 000 barils de pétrole par jour (BOPD), répartie entre la raffinerie de Khartoum (95 000 BOPD, avec des plans de modernisation), la raffinerie d’Obeid (15 000 BOPD) et la raffinerie de Port-Soudan (prévue pour être rénovée).  

La raffinerie d’Al-Jaili, ou de Khartoum, a une capacité de traitement de 100 000 barils de pétrole brut par jour et était auparavant responsable de la fourniture de 60 % de l’essence du pays. Une raffinerie plus petite, la raffinerie d’El Obeid, a une capacité de 15 000 b/j et a été pillée en juillet 2023.  

La capacité de raffinage totale du Soudan (110 000 BOPD) est supérieure à sa production actuelle de pétrole brut (environ 200 471 Mb/j en décembre 2023, mais une partie est destinée à l’exportation ou est la part du Soudan sur le pétrole du Soudan du Sud). Cette situation, combinée aux perturbations des raffineries, entraîne une dépendance croissante aux importations de carburant, avec 50 % de l’essence, plus de 60 % du diesel et 50 % du GPL devant être importés en 2019. Malgré la capacité théorique, les raffineries nationales ne peuvent pas fonctionner à pleine capacité en raison de la réduction de la production de pétrole brut et des dommages liés aux conflits. Cela crée un goulot d’étranglement critique dans la chaîne d’approvisionnement énergétique du Soudan, rendant le pays vulnérable aux chocs des prix mondiaux et aux perturbations de l’approvisionnement.  

Impact des Conflits et du Sous-investissement sur les Infrastructures

Les conflits civils qui ont marqué le Soudan depuis 1956 ont eu des répercussions profondes sur son secteur pétrolier. La sécession du Soudan du Sud en 2011 a non seulement réduit les réserves, mais a également conduit à une stagnation de la croissance de la production pétrolière dans les deux pays en raison d’investissements insuffisants en amont et de l’instabilité politique persistante.  

Le conflit en cours au Soudan, qui a éclaté en avril 2023, a eu un impact particulièrement grave sur l’industrie pétrolière du Soudan du Sud, car les seuls pipelines d’exportation traversent le Soudan vers la mer Rouge. En quelques mois, les combats ont endommagé et interrompu le système de pipelines, forçant l’arrêt des exportations de pétrole du Soudan du Sud début 2024. Les autorités soudanaises ont déclaré un cas de force majeure sur le transit pétrolier en mars 2024 en raison de la détérioration des conditions de sécurité le long du corridor du pipeline. Les flux de pétrole ont été drastiquement réduits à partir de la mi-février 2024, coupant les exportations du Soudan du Sud à environ un tiers de leur niveau normal. Le pipeline Petrodar, vital pour les exportations du Soudan du Sud, a subi une rupture en février 2024, le pétrole s’étant figé en raison d’une pénurie de carburant diesel nécessaire au chauffage.  

La raffinerie d’Al-Jaili ou de Khartoum a été la cible de plusieurs attaques depuis avril 2023, ce qui a considérablement réduit ses niveaux de production. Ces incidents répétés, y compris de grands incendies, ont causé des dommages substantiels à l’infrastructure, entraînant des pénuries de carburant et des perturbations de l’approvisionnement énergétique. Les dommages aux installations et aux installations de stockage ont également entraîné une contamination dans et autour du site, tandis que les incendies majeurs ont dégradé la qualité de l’air en libérant des gaz et des polluants dangereux.  

Le secteur pétrolier du Soudan souffre de nombreuses années de sous-investissement. Le gouvernement, confronté à un manque de ressources financières, est souvent incapable de payer les entrepreneurs ou d’acheter de nouveaux équipements pour moderniser les installations physiques et améliorer la capacité du personnel. Cette incapacité à investir dans la maintenance et les mises à niveau rend l’infrastructure existante extrêmement vulnérable aux chocs. La dépendance du Soudan du Sud à un seul pipeline d’exportation traversant une zone de conflit active illustre une vulnérabilité systémique critique. Les infrastructures pétrolières, bien que robustes sur le papier, sont devenues des points de défaillance majeurs pour les deux économies, les rendant excessivement sensibles aux moindres perturbations sécuritaires ou opérationnelles.  

Contribution Économique et Cadre Opérationnel

Contribution au PIB et aux Revenus d’Exportation

Le secteur pétrolier a historiquement été un pilier de l’économie soudanaise, bien que son rôle ait évolué de manière significative après la sécession du Soudan du Sud. En 2021, les revenus pétroliers représentaient 3,30 % du PIB du Soudan, une augmentation par rapport à 1,88 % en 2020. Historiquement, la moyenne pour le Soudan de 1971 à 2021 est de 3,17 %, avec un pic de 17,89 % en 2008, avant la sécession.  

La dépendance du Soudan du Sud au pétrole est encore plus prononcée, celui-ci représentant plus de 60 % de son PIB, 99 % de ses exportations et 90 % des revenus gouvernementaux. La fermeture du pipeline d’exportation de pétrole Dar Blend en février 2024, qui transportait 60 % du pétrole du Soudan du Sud à travers le Soudan déchiré par la guerre, a entraîné un effondrement de la production pétrolière intérieure. Cette interruption a fait chuter la production de près de 160 000 barils par jour (b/j) avant l’arrêt à une moyenne de 60 000 b/j l’année suivante, entraînant une baisse de 7,2 % du PIB du Soudan du Sud pour l’exercice 2024. Le Soudan du Sud a perdu environ 7 millions de dollars de revenus par jour en raison de l’arrêt des exportations de pétrole, et le gouvernement a perdu environ 70 % de ses revenus pétroliers.  

Cette perte a précipité une implosion fiscale pour le Soudan du Sud, entraînant une crise des devises et une hyperinflation. Le taux de change du livre sud-soudanaise (SSP) est passé d’environ 1 100 SSP pour un dollar américain début 2024 à environ 1 550 SSP pour un dollar à la mi-2024, une dépréciation d’environ 40 %. Le Soudan lui-même, déjà en chute libre économique en raison de sa propre guerre, a subi un coup supplémentaire de la perte des frais de transit pétrolier du Soudan du Sud, exacerbant les pénuries de carburant et les déficits de revenus.  

La dépendance excessive au pétrole et la vulnérabilité des infrastructures de transit créent une vulnérabilité fiscale chronique pour les deux pays. Les revenus gouvernementaux sont directement liés à la stabilité des flux pétroliers, ce qui rend les budgets nationaux extrêmement sensibles aux chocs de production et aux perturbations des pipelines. Cette situation empêche une planification budgétaire stable et entrave la capacité des gouvernements à fournir des services publics essentiels, créant un cercle vicieux d’instabilité économique et sociale.

Principales Sociétés Opératrices

Le secteur pétrolier et gazier soudanais est dominé par un mélange d’entités étatiques et de sociétés étrangères, principalement asiatiques. Parmi les principales sociétés opérant au Soudan figurent la Sudan National Petroleum Corporation, la China National Petroleum Corporation (CNPC), Petrodar Operating Company, Sunagas et Oil and Natural Gas Corporation (ONGC).  

La Sudan National Petroleum Corporation est une entité étatique qui gère les ressources pétrolières et les infrastructures nationales, supervisant l’exploration et le développement des ressources pétrolières soudanaises. La CNPC est un acteur clé dans l’exploration et la production, avec un accent sur les partenariats stratégiques et des opérations étendues en amont, y compris le développement de pipelines. Petrodar Operating Company est une coentreprise principalement engagée dans la production pétrolière terrestre dans la région. Sunagas opère dans le secteur du gaz, en mettant l’accent sur le développement d’infrastructures pour l’approvisionnement en gaz naturel. L’ONGC est une entité internationale impliquée dans des coentreprises d’exploration et de production pétrolière et gazière. D’autres entreprises notables incluent JSC Zarubezhneft, PETRONAS Gas Berhad, Petro Energy E&P et Khartoum Refinery Co., Ltd..  

Historiquement, le secteur pétrolier soudanais a vu des changements significatifs dans la participation étrangère. Le géant pétrolier américain Chevron a été la première entreprise étrangère à investir dans le secteur pétrolier du Soudan à partir de 1974, mais a suspendu ses opérations en 1984 en raison de la deuxième guerre civile et a été contraint de se retirer en 1992 suite à l’incertitude politique croissante et à la pression du gouvernement américain. La détérioration des relations entre Khartoum et Washington, en particulier les sanctions américaines, a dissuadé d’autres grandes compagnies pétrolières d’investir au Soudan. Ce vide a été comblé par des entreprises asiatiques, dont la CNPC, la société d’État malaisienne Petronas et l’ONGC indienne, qui dominent le marché pétrolier soudanais depuis 1995.  

Cette dépendance à l’égard des entreprises asiatiques, bien qu’elle ait permis le développement initial du secteur, a créé une concentration des risques et une vulnérabilité aux dynamiques géopolitiques propres à ces relations. L’absence d’un portefeuille d’investisseurs plus diversifié limite les options du Soudan pour le financement et l’expertise technique, surtout lorsque les conditions du marché ou les politiques nationales des pays d’origine de ces entreprises changent.

Cadre Réglementaire et Gouvernance

Le secteur pétrolier soudanais est caractérisé par des problèmes de gouvernance complexes et des flux financiers opaques. Même après la levée des sanctions économiques américaines en 2017, le manque d’intérêt des nouveaux investisseurs étrangers pour les 15 blocs offerts par les autorités reflète non seulement de faibles attentes concernant de nouvelles découvertes importantes, mais aussi des faiblesses significatives en matière de gouvernance et de politique. Sans investissement étranger, le gouvernement du Soudan a été incapable de développer ce secteur en raison de contraintes de ressources et de l’absence d’une stratégie de développement claire.  

Les entreprises publiques (SOE) telles que Sudan National Petroleum Corporation (Sudapet) et Khartoum Refinery Co. Ltd (KRC) dominent le secteur pétrolier mais ne fonctionnent pas sur une base commerciale. Sudapet est signalée comme inactive dans l’exploration pétrolière, se contentant de gérer les revenus gouvernementaux issus des accords de partage des bénéfices. La Sudanese Petroleum Corporation (SPC), autrefois responsable de l’importation et de la distribution des carburants, a été dissoute en mars 2019 sans raisons publiées, ses actifs et employés étant transférés au ministère de l’Énergie et des Mines (MOEM). Le MOEM est profondément impliqué dans le secteur pétrolier, régulant le secteur et gérant les opérations financières des SOE, ce qui crée un potentiel conflit d’intérêts et rend la situation financière des SOE opaque au public.  

Un défi majeur est la politique de subventions énergétiques. Les prix des carburants domestiques au Soudan sont parmi les plus bas au monde, administrés par le gouvernement et bien en dessous des coûts de production/importation. Par exemple, l’essence est tarifée à 0,14 USD par litre et le diesel à 0,09 USD par litre. Ces subventions croissantes ont asséché les ressources gouvernementales et déclenché un cercle vicieux d’inflation et de dépréciation du taux de change. Elles ont contraint la Banque centrale à s’engager dans diverses opérations quasi-fiscales pour acquérir des devises étrangères afin de soutenir l’importation de biens stratégiques, y compris le carburant, sapant ainsi son indépendance et entraînant une croissance très rapide de la masse monétaire, une inflation élevée et une dépréciation de la monnaie. De plus, le montant total des subventions énergétiques n’est pas transparent et n’est que partiellement reflété dans le bilan du gouvernement, une grande partie étant enregistrée dans le bilan de la Banque centrale en raison de multiples taux de change. On estime que les subventions profitent principalement aux ménages à revenus élevés et aux pays voisins en raison de la contrebande.  

Cette « piège des subventions » détourne des ressources vitales qui pourraient être utilisées pour l’investissement dans le secteur ou d’autres domaines de développement. L’opacité et les distorsions créées par ces politiques découragent l’investissement privé et entravent la capacité du secteur à fonctionner de manière durable et efficace.

Malgré ces défis, le ministère des Minéraux offre des incitations aux investisseurs potentiels dans le secteur extractif, telles que la récupération des dépenses d’exploration et de développement capitalisées, l’importation en franchise de douane de tous les équipements miniers, la propriété majoritaire et des taux de change favorables. Cependant, l’efficacité de ces incitations est compromise par le cadre de gouvernance global et l’instabilité.  

Implications Sociales et Environnementales

Déplacements Forcés et Droits Humains

L’exploitation pétrolière à grande échelle au Soudan a été inextricablement liée à l’intensification du conflit civil et à de graves violations des droits humains. Le pétrole est devenu un objectif principal et une cause majeure de la guerre, avec les revenus pétroliers utilisés par le gouvernement pour acquérir des armes et des munitions, intensifiant ainsi le conflit.  

Le déplacement forcé de la population civile est la question centrale des droits humains liée au développement pétrolier au Soudan. Le gouvernement est directement responsable de ce déplacement, entrepris pour sécuriser les opérations de ses partenaires, les compagnies pétrolières internationales et majoritairement étrangères. Les résidents séculaires des champs pétroliers, les peuples Nuer et Dinka, ont été perçus comme une menace pour la sécurité, et des campagnes de meurtres, de pillages et d’incendies, soutenues par les troupes gouvernementales et l’appui aérien, ont déblayé le terrain pour le développement des infrastructures pétrolières. On estime qu’en mars 2002, 174 200 civils restaient déplacés en raison du conflit dans les champs pétroliers de l’État du Nil supérieur occidental/Unité.  

Les compagnies pétrolières internationales opérant au Soudan ont souvent nié que des abus se produisaient en relation avec l’exploration et la production pétrolière, affirmant ignorer tout déplacement forcé non compensé malgré des preuves considérables du contraire. Cette situation met en lumière une « malédiction des ressources », où la richesse pétrolière, au lieu de bénéficier à la population, alimente les conflits, la corruption et les violations des droits humains. Le cycle de financement de la guerre par le pétrole, qui permet ensuite de sécuriser davantage de zones pétrolières, crée un environnement où les populations locales sont les principales victimes de l’exploitation des ressources naturelles.  

Impacts Environnementaux des Conflits

Le conflit au Soudan a également eu des impacts environnementaux significatifs, notamment une déforestation accrue, un déclin agricole et une pollution résultant de l’endommagement des infrastructures industrielles et énergétiques. Des installations industrielles et énergétiques dangereuses, y compris les raffineries de pétrole, les usines industrielles et chimiques et les centrales électriques, ont été touchées par des dommages physiques et des coupures d’énergie, posant des risques environnementaux substantiels.  

La raffinerie d’Al-Jaili ou de Khartoum, située à 45 km au nord de Khartoum, a subi des incidents récurrents et très dommageables. Des périodes répétées de combats et d’occupation de ce site stratégiquement important ont entraîné de multiples incendies majeurs et des dommages étendus à son infrastructure. Les dommages à la raffinerie et à ses installations de stockage ont entraîné une contamination dans et autour du site, tandis que les grands incendies de pétrole ont dégradé la qualité de l’air en libérant des gaz et des polluants dangereux. Un incendie massif le 23 janvier 2025 a produit un panache de fumée s’étendant sur plus de 300 km, assombrissant le ciel des communautés sous le vent.  

La proximité de sites industriels dangereux avec des quartiers résidentiels à Khartoum augmente le risque d’exposition des populations locales aux polluants lorsque ces sites sont endommagés. Ces impacts environnementaux sont aggravés par le conflit, créant des risques sanitaires et écologiques à long terme qui compliquent la reprise post-conflit. La destruction d’infrastructures énergétiques et industrielles non seulement perturbe l’approvisionnement en énergie, mais libère également des substances toxiques dans l’environnement, créant des risques sanitaires immédiats et des défis de réhabilitation à long terme.  

Perspectives d’Avenir et Potentiel de Diversification

Perspectives du Secteur Pétrolier et Gazier

Le secteur pétrolier et gazier du Soudan est à un moment charnière, avec des perspectives à court terme liées à la reprise des exportations du Soudan du Sud et des défis structurels à long terme. La réparation du pipeline Petrodar et la reprise des exportations de pétrole du Soudan du Sud, prévues pour fin mars ou début avril 2025, devraient soutenir une reprise économique au Soudan du Sud et, par extension, stabiliser les revenus de transit pour le Soudan. Le gouvernement du Soudan du Sud vise à augmenter sa production à 90 000 barils par jour au premier semestre 2025.  

Cependant, cette reprise reste fragile. La dépendance du Soudan du Sud à des pipelines traversant le Soudan, où les combats et les pénuries de carburant persistent, continue de menacer les exportations de pétrole. La force majeure sur le transit pétrolier, levée en janvier 2025, devrait prendre du temps avant une reprise complète des exportations via le pipeline DPOC restauré depuis Port-Soudan.  

À long terme, les défis demeurent importants. Les champs pétroliers existants s’épuisent et le sous-investissement chronique, combiné à l’absence de nouvelles découvertes majeures, limite le potentiel de croissance. Les plans de construction de pipelines alternatifs vers les ports de Lamu (Kenya) ou de Djibouti (Éthiopie) restent des aspirations lointaines, confrontées à des défis financiers et logistiques considérables. La récupération du secteur pétrolier est donc conditionnée par une stabilité politique durable et des investissements significatifs, sans quoi la dépendance aux infrastructures vulnérables persistera, rendant toute reprise précaire.  

Potentiel d’Exploration et Nouvelles Découvertes

Malgré le potentiel théorique d’augmentation de la production par des techniques de récupération primaire, le secteur pétrolier soudanais n’a pas réussi à attirer de nouveaux investisseurs étrangers significatifs, même après la levée des sanctions américaines en 2017. Le manque d’intérêt des investisseurs, combiné à l’absence de nouvelles découvertes majeures de pétrole ou de gaz mentionnées dans les données récentes pour le Soudan, met en évidence des opportunités manquées.  

Les réserves prouvées de gaz naturel, estimées à 3 billions de pieds cubes , représentent une ressource majeure non exploitée. L’absence de production ou de consommation de gaz naturel souligne un vide critique en matière d’investissement et de développement des infrastructures gazières. Cette situation indique une incapacité à capitaliser sur des ressources qui pourraient diversifier l’approvisionnement énergétique du pays et réduire sa dépendance aux importations de pétrole. Le développement de ces réserves de gaz pourrait offrir une voie vers une plus grande sécurité énergétique et de nouvelles sources de revenus, mais cela nécessitera des investissements substantiels et un environnement politique stable.  

Politiques Gouvernementales et Attraction des Investissements

Le gouvernement soudanais a manifesté son intention d’attirer des investissements pour revitaliser le secteur énergétique, en particulier depuis avril 2023, face à un grave déficit énergétique exacerbé par le conflit civil. Des efforts sont en cours pour sécuriser l’approvisionnement en carburant et améliorer les infrastructures énergétiques. Le Soudan a exprimé son ouverture aux investissements dans le pétrole et le gaz, ainsi que dans la production d’électricité, y compris les sources d’énergie propres comme le solaire et l’éolien. L’amendement de la loi sur l’investissement dans l’électricité reflète l’engagement du gouvernement à encourager la participation du secteur privé.  

Des partenariats stratégiques sont recherchés, comme en témoignent les plans de la Turquie d’investir de manière significative dans les secteurs pétrolier, gazier, des pipelines et de l’électricité au Soudan. L’ambassadeur de Turquie a souligné le désir d’Ankara de passer d’une coopération de projet à un partenariat plus stratégique, en tirant parti de l’expérience turque en matière d’investissements énergétiques. Des discussions sont également en cours concernant des projets spécifiques d’énergie solaire, avec des études prêtes pour cinq projets solaires totalisant 1 500 mégawatts.  

Le ministère des Minéraux offre des incitations aux investisseurs potentiels dans le secteur extractif, notamment des licences d’exploration et d’exploitation renouvelables, la récupération des dépenses capitalisées, l’importation en franchise de douane de tous les équipements miniers, la propriété majoritaire et des taux de change favorables. Cependant, malgré ces initiatives et incitations, le sous-investissement chronique et l’instabilité politique persistante créent un décalage entre la politique affichée et la réalité de l’attraction des capitaux. L’efficacité de ces mesures est limitée tant que les risques liés à la sécurité, à la gouvernance opaque et à l’absence de ressources financières gouvernementales pour soutenir les projets ne sont pas résolus.  

Développement des Énergies Renouvelables

Le Soudan possède des ressources abondantes pour les énergies renouvelables, notamment solaire, éolienne et hydroélectrique. Le pays bénéficie de l’un des taux de rayonnement solaire les plus élevés au monde, avec un potentiel de production allant jusqu’à 15 GW d’énergie solaire. De plus, le potentiel éolien est estimé à 1,5 GW.  

Ces dernières années, le Soudan a progressé dans le développement de son secteur des énergies renouvelables, avec plusieurs projets à grande échelle en cours de planification ou de réalisation. Le gouvernement soudanais a annoncé des plans pour construire une centrale solaire de 100 MW à Dongola et un parc éolien de 50 MW dans l’État de la mer Rouge. Le gouvernement s’est également engagé à atteindre un total de 5 GW d’énergie renouvelable d’ici 2030.  

La Banque mondiale a annoncé un investissement significatif dans les énergies renouvelables au Soudan avec le lancement du projet ASCENT-Sudan. Cette initiative de 76,3 millions de dollars vise à élargir l’accès à l’énergie renouvelable et à soutenir les communautés vulnérables, en se concentrant sur la réhabilitation de la centrale hydroélectrique existante dans la région de Kassala et l’installation de nouveaux projets solaires et hydroélectriques. Le projet est financé par le Fonds fiduciaire de soutien à la transition et au redressement du Soudan (STARS) et le Fonds multipartenaires du Soudan (SMPF).  

Des partenariats avec l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et la Banque africaine de développement (BAD) sont également en place pour soutenir le développement de projets d’énergies renouvelables et encourager l’adoption de technologies d’énergie propre. L’intérêt de la Turquie pour le secteur solaire du Soudan, avec des études prêtes pour des projets solaires totalisant 1 500 MW, souligne le potentiel d’investissement étranger dans ce domaine.  

Ce virage stratégique vers les énergies renouvelables représente une voie cruciale pour la diversification énergétique du Soudan. En exploitant ses vastes ressources solaires et éoliennes, le pays peut réduire sa dépendance aux combustibles fossiles coûteux et polluants, améliorer la sécurité énergétique, et créer de nouvelles opportunités économiques. Ce développement offre une perspective plus stable et durable pour l’avenir énergétique du Soudan, contrastant avec les défis persistants du secteur pétrolier.

Conclusions

Le secteur pétrolier et gazier du Soudan est un système complexe, dont l’état actuel est le résultat d’une interaction délicate entre une géologie riche, des dynamiques politiques volatiles et des réalités économiques difficiles. La sécession du Soudan du Sud en 2011 a été un événement transformateur, réduisant considérablement les réserves et la production du Soudan, et le transformant en un pays de transit essentiel. Cette transformation a créé une interdépendance critique avec le Soudan du Sud, où la stabilité des flux pétroliers est vitale pour les deux économies, mais reste constamment menacée par les conflits.

Les défis du secteur sont profonds : un sous-investissement chronique, une gouvernance opaque et des subventions énergétiques coûteuses qui drainent les ressources de l’État. L’instabilité politique et les conflits armés ont eu des conséquences dévastatrices sur les infrastructures, comme en témoignent les dommages aux pipelines et aux raffineries, entraînant une sous-utilisation massive des capacités existantes et des pénuries de carburant. Au-delà des impacts économiques, l’exploitation pétrolière a été associée à de graves violations des droits humains, notamment des déplacements forcés de populations, et à des risques environnementaux accrus.

Malgré ce tableau complexe, des perspectives émergent. La reprise partielle des exportations de pétrole du Soudan du Sud offre une lueur d’espoir pour la stabilisation des revenus de transit. Plus fondamentalement, le Soudan dispose d’un potentiel considérable en énergies renouvelables, en particulier solaire et éolienne, qui attire l’attention des investisseurs internationaux et des institutions de développement. Ce potentiel offre une voie stratégique vers la diversification énergétique, la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles et la construction d’une économie plus résiliente.

Toutefois, la réalisation de ces perspectives dépendra crucialement de la capacité du Soudan à établir une stabilité politique durable et à mettre en œuvre des réformes de gouvernance transparentes. Sans un environnement sécurisé et des cadres réglementaires fiables, les investissements nécessaires à la revitalisation du secteur pétrolier ou au développement des énergies renouvelables resteront limités. L’avenir énergétique du Soudan est intrinsèquement lié à sa capacité à surmonter ses divisions internes et à créer un environnement propice à un développement durable et équitable.Sources used in the report

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