Étude Approfondie des Compagnies Évoluant dans le Domaine des Hydrocarbures en Afrique

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Résumé Exécutif

Le secteur des hydrocarbures en Afrique est un pilier économique majeur, détenant des réserves substantielles de pétrole et de gaz qui représentent une part significative de la production mondiale. Le continent abrite plus de 125 milliards de barils de réserves de pétrole brut et environ 850 billions de pieds cubes (Tcf) de réserves de gaz naturel. Cette richesse énergétique est principalement concentrée dans quelques pays clés, notamment le Nigéria, l’Algérie, l’Angola, la Libye et l’Égypte, qui détiennent la majeure partie des réserves et de la production.  

Le paysage industriel est dominé par une interaction complexe entre les Compagnies Pétrolières Nationales (NOCs) et les Compagnies Pétrolières Internationales (IOCs). Les NOCs, telles que la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), Sonatrach (Algérie) et Sonangol (Angola), jouent un rôle crucial dans la gestion des ressources nationales, souvent en partenariat avec des IOCs pour le financement, l’expertise et la technologie. Les IOCs majeures, incluant Shell, TotalEnergies, ExxonMobil, Chevron, Eni, BP et CNPC, sont des moteurs essentiels de l’exploration, de la production et du développement des infrastructures, en particulier dans les projets en eaux profondes et les initiatives de gaz naturel liquéfié (GNL).  

Plusieurs tendances façonnent actuellement le marché africain des hydrocarbures. On observe une diversification des frontières d’exploration, avec un intérêt croissant pour l’Afrique de l’Est et du Sud, notamment pour le gaz naturel. Le marché est également caractérisé par un virage stratégique vers le gaz en tant que combustible de transition, avec des investissements significatifs dans les infrastructures de GNL et de gazoducs. Parallèlement, les acteurs du secteur intègrent de plus en plus des considérations de durabilité, telles que la réduction du torchage et des émissions de méthane, et explorent les énergies renouvelables.  

Cependant, le secteur est confronté à des défis persistants, notamment les coûts de production élevés dus aux problèmes de sécurité (comme au Nigéria), les inefficacités opérationnelles des infrastructures vieillissantes (comme au Congo), la dépendance économique aux revenus pétroliers et les vulnérabilités financières (comme en Angola et en Guinée Équatoriale). Malgré ces obstacles, les gouvernements africains mettent en œuvre des réformes politiques et des stratégies d’expansion pour attirer les investissements et maximiser la valeur de leurs ressources. L’avenir du secteur dépendra de la capacité à équilibrer la croissance de la production avec la transition énergétique, la stabilité opérationnelle et la bonne gouvernance.  

Le présent rapport fournit une analyse approfondie de ces dynamiques, en détaillant les activités, les stratégies et l’impact économique des principales compagnies pétrolières et gazières opérant en Afrique. L’annexe inclut un tableau récapitulatif des coordonnées de ces compagnies pour faciliter l’accès à l’information.

1. Introduction au Paysage des Hydrocarbures en Afrique

1.1. Aperçu des Réserves et de la Production de Pétrole et de Gaz en Afrique

L’Afrique se positionne comme une région d’importance capitale dans l’approvisionnement énergétique mondial, grâce à ses vastes réserves d’hydrocarbures. Le continent détient des réserves prouvées de pétrole brut estimées à plus de 125 milliards de barils, ce qui représente environ 7,8 % de la production mondiale en 2020, avec une production quotidienne atteignant 6,9 millions de barils. En ce qui concerne le gaz naturel, les réserves africaines sont considérables, s’élevant à environ 850 Tcf, et la production a atteint près de 8 200 milliards de pieds cubes (bcf) en 2020, soit 6 % de la production mondiale.  

Malgré cette abondance de ressources brutes, l’Afrique présente une particularité notable : elle est le seul continent au monde à être à la fois un exportateur net de pétrole brut et un importateur net de produits pétroliers raffinés. Cette situation met en évidence un écart significatif dans la chaîne de valeur, où la majeure partie du pétrole brut est expédiée vers les marchés internationaux pour être raffinée, puis réimportée sous forme de produits finis plus coûteux tels que le diesel, l’essence et le GPL. Cette dynamique implique que les économies africaines ne capturent pas pleinement la valeur ajoutée de leurs propres ressources, ce qui représente une opportunité manquée pour la création de richesse locale et le renforcement de la sécurité énergétique intérieure.  

1.2. Principaux Pays Producteurs et Leur Importance Régionale/Mondiale

La production d’hydrocarbures en Afrique est fortement concentrée géographiquement. Environ 87 % des réserves pétrolières du continent sont situées dans cinq pays principaux : la Libye (39 %), le Nigéria (30 %), l’Algérie (10 %), l’Angola (6 %) et l’Égypte (2 %). Le Nigéria se distingue comme le plus grand producteur de pétrole d’Afrique, avec une production moyenne de 1,5 million de barils par jour (b/j) en 2025, et 1,4 million de b/j en 2023. L’Angola (1,1 million de b/j) et l’Algérie (1,0 million de b/j) suivent de près, ces trois pays représentant à eux seuls près de la moitié de la production pétrolière totale du continent.  

La production de gaz naturel est également dominée par l’Algérie (39 %) et le Nigéria (30 %), qui sont les principaux exportateurs de GNL d’Afrique, avec une capacité combinée de 75 MTPA.  

L’importance économique du secteur pétrolier varie considérablement d’un pays à l’autre. En 2021, les rentes pétrolières représentaient 56 % du PIB de la Libye, 34 % de celui du Congo et 28 % de celui de l’Angola, soulignant une forte dépendance économique. À l’inverse, malgré son statut de plus grand producteur, les rentes pétrolières du Nigéria ne constituaient que 6,2 % de son PIB. Cette disparité dans la dépendance au pétrole met en lumière des niveaux différents de diversification économique et de résilience face à la volatilité des prix du pétrole. Les économies fortement dépendantes sont intrinsèquement plus vulnérables aux fluctuations du marché mondial et aux perturbations de la production, tandis qu’une dépendance moindre suggère une base économique plus robuste et diversifiée.  

1.3. Principaux Bassins d’Hydrocarbures et Régions Émergentes

Le bassin du delta du Niger reste le plus connu, le plus exploité et le plus riche en hydrocarbures d’Afrique. Cependant, l’exploration s’étend désormais au-delà de ces régions traditionnelles, vers de nouvelles frontières en Afrique de l’Est et du Sud.  

D’autres bassins significatifs incluent le Rift Est-Africain, la côte Est-Africaine, la marge transformante Ouest-Africaine et le pré-sel de la côte Ouest. Des découvertes récentes de pétrole ont été faites en Ouganda et au Kenya, avec une exploration en cours en République Démocratique du Congo, au Rwanda, au Burundi, en Tanzanie et en Éthiopie. Des découvertes majeures de gaz ont été réalisées au large du Mozambique et de la Tanzanie, et des études géologiques indiquent des ressources supplémentaires aux Seychelles et à Madagascar. L’exploration est également active dans les couches profondes des bassins offshore de l’Angola, de la Namibie, du Congo, du Gabon et de la Guinée Équatoriale.  

Cette expansion géographique des fronts d’exploration est un indicateur clair de la volonté des compagnies de trouver de nouvelles réserves, potentiellement vastes et inexploitées, stimulée par la demande énergétique mondiale et les avancées technologiques en matière d’exploration en eaux profondes. Cette diversification des zones d’exploration est susceptible de redessiner la carte énergétique de l’Afrique et d’attirer de nouveaux flux d’investissement vers des pays qui n’étaient pas traditionnellement des acteurs majeurs du secteur des hydrocarbures.

2. Acteurs Clés du Secteur des Hydrocarbures en Afrique

Le marché africain des hydrocarbures est caractérisé par la coexistence et la collaboration entre les compagnies pétrolières nationales (NOCs) et les compagnies pétrolières internationales (IOCs), chacune jouant un rôle distinct mais souvent interconnecté dans le développement du secteur.

2.1. Compagnies Pétrolières Nationales (NOCs) : Rôle, Activités et Importance Stratégique

Les NOCs sont des entités publiques qui gèrent les intérêts de l’État dans le secteur des hydrocarbures. Leur rôle varie de la simple régulation à l’intégration verticale complète de l’exploration à la commercialisation.

Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC)

La Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) est la compagnie pétrolière nationale du Nigéria, et se positionne comme la plus grande compagnie énergétique et le premier producteur/fournisseur de pétrole en Afrique. La NNPC est chargée de réguler le secteur pétrolier et gazier du Nigéria et de développer ses actifs, s’appuyant fortement sur les compagnies pétrolières internationales (IOCs) pour le financement et l’expertise. La plupart des grandes opérations de production onshore sont menées en coentreprise, avec la NNPC en tant qu’actionnaire majoritaire, tandis que les développements offshore, plus coûteux et complexes, sont généralement organisés sous des contrats de partage de production.  

L’objectif principal de la NNPC est de tirer parti du pétrole et du gaz pour répondre à la demande énergétique et stimuler l’économie nationale, en mettant l’accent sur le développement économique et social. Cependant, le coût de production du pétrole brut au Nigéria est élevé, atteignant entre 25 et 30 dollars par baril, principalement en raison des investissements massifs dans la sécurité pour protéger les oléoducs dans la région du delta du Niger. Malgré ce défi, la NNPC a des objectifs de production ambitieux, visant 2,06 millions de b/j de pétrole d’ici 2027 (contre 1,63 million de b/j en mars 2025) et une augmentation de la production de gaz de 7 à 10 milliards de pieds cubes par jour d’ici 2027. La relation avec la raffinerie de Dangote est purement commerciale, ce qui reflète une approche axée sur le marché.  

La double fonction de la NNPC, à la fois régulateur et opérateur, combinée à sa dépendance vis-à-vis des partenariats avec les IOCs, illustre l’équilibre délicat que les NOCs africaines doivent maintenir entre l’affirmation du contrôle national sur leurs ressources et l’exploitation du capital et de l’expertise étrangers pour surmonter les défis opérationnels tels que la sécurité et les coûts élevés. La capacité de la NNPC à atteindre ses objectifs ambitieux, malgré les contraintes, sera déterminante pour la trajectoire économique du Nigéria.

Sonatrach S.p.A. (Algérie)

Sonatrach est la compagnie pétrolière nationale algérienne qui domine le marché grâce à sa vaste propriété de ressources et à ses opérations étendues, agissant comme le principal opérateur pour les activités d’exploration et de production. Sonatrach jouit d’une solide réputation internationale dans le négoce de tous les hydrocarbures, y compris le pétrole brut, le condensat, les produits raffinés et le GPL, à l’échelle mondiale. Elle gère également une flotte de transporteurs de GPL et un très grand transporteur de brut (VLCC) par l’intermédiaire de ses filiales.  

La compagnie s’engage dans des partenariats stratégiques, comme en témoigne la récente signature d’un contrat de partage de production de 1,35 milliard de dollars sur 30 ans avec Eni pour l’exploration et le développement de la région de Zemoul El Kbar. Cet accord inclut également des programmes conjoints pour la production de gaz, les exportations de GNL vers l’Europe, les énergies renouvelables, l’hydrogène et les interconnexions électriques.  

Le rôle de Sonatrach dépasse celui d’un simple producteur national ; elle est une entité intégrée avec des capacités de négoce et de transport maritime mondiales significatives. Ses partenariats stratégiques récents démontrent une approche tournée vers l’avenir, en phase avec les tendances mondiales de la transition énergétique, positionnant ainsi l’Algérie comme un fournisseur d’énergie diversifié pour l’Europe. La capacité de Sonatrach à s’adapter aux nouvelles exigences du marché et à diversifier son portefeuille énergétique est cruciale pour la pérennité de son influence.

Sonangol E.P. (Angola)

Sonangol est la compagnie pétrolière nationale angolaise, dont les activités principales couvrent l’exploration, la production, la fabrication, le transport et la commercialisation des hydrocarbures dans le sous-sol et sur le plateau continental de l’Angola. La compagnie aspire à devenir un leader régional dans l’exploration et la production (visant une part de production opérée en interne d’au moins 10 % d’ici 2027), le raffinage, la pétrochimie, le négoce et le transport maritime, ainsi que dans le gaz et les énergies renouvelables.  

Sonangol a entrepris un processus de privatisation de certaines de ses filiales, en offrant des participations au capital. La compagnie est confrontée à des défis financiers importants, notamment un endettement élevé (la dette de Sonangol et du gouvernement central s’élevait à 89 % du PIB en 2019) et des problèmes de rentabilité dus à des frais d’intérêt élevés et à d’anciennes subventions aux carburants. En 2019, l’Agence Nationale du Pétrole, du Gaz et des Biocarburants (ANPG) a été lancée pour assumer le rôle de concessionnaire national, permettant à Sonangol de se concentrer exclusivement sur ses activités commerciales.  

La restructuration stratégique de Sonangol, incluant la privatisation et la réorientation de ses activités vers le commercial, est une réponse directe aux pressions financières passées. Cette démarche vise à améliorer la santé financière et l’efficacité opérationnelle de la compagnie, ce qui est essentiel pour attirer de nouveaux investissements et soutenir la croissance du secteur.

National Oil Corporation (NOC) (Libye)

La National Oil Corporation (NOC) de Libye est l’entité responsable de la promotion de l’innovation, de la durabilité et de l’excellence dans l’exploration pétrolière et gazière. La NOC a pour objectif d’augmenter la production de pétrole à 2-3 millions de b/j (contre 1,4 million de b/j de pétrole et 1,5 million de barils équivalent pétrole (bep) au total avec le condensat et le gaz actuellement). Pour atteindre ces objectifs, la NOC a mis en place neuf programmes stratégiques, visant notamment à maximiser la production de pétrole, à accélérer celle de gaz, à développer les produits raffinés et la pétrochimie, à intégrer les énergies renouvelables et à moderniser la compagnie.  

La NOC a également lancé des initiatives « Penser Demain » axées sur la responsabilité environnementale, telles que l’élimination des fuites de pétrole, l’utilisation des énergies renouvelables, la plantation d’un million d’arbres et la réduction du torchage de gaz à un niveau quasi nul. Récemment, la NOC a signé un protocole d’accord avec BP pour évaluer les opportunités de réaménagement des champs pétroliers géants de Sarir et Messla, ainsi que le potentiel des ressources non conventionnelles.  

Malgré un historique de défis liés à l’instabilité politique, la NOC libyenne poursuit des objectifs de production très ambitieux et recherche activement des partenariats étrangers pour le réaménagement et l’exploration. L’intégration d’initiatives de durabilité dans sa stratégie fondamentale démontre un engagement à moderniser le secteur tout en maximisant la production. La capacité de la Libye à attirer et à maintenir les investissements étrangers sera cruciale pour la réalisation de ces objectifs et le renforcement de sa position économique.

Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC) (Égypte)

L’Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC) est la principale entité gouvernementale responsable de toutes les activités d’exploration et d’exploitation pétrolière menées par des contractants en Égypte, principalement par le biais de contrats de partage de production (PSAs). L’EGPC prépare et traite les données pour les concessions et les appels d’offres, et assure le stockage des données géologiques (échantillons de roche, données sismiques, rapports). Elle établit également les plans de forage et de production pétrolière, en collaboration avec les coentreprises, afin de maximiser les taux de production, ce qui a un impact significatif sur l’économie égyptienne.  

Cependant, l’Égypte est confrontée à des défis importants. La demande intérieure croissante en énergie dépasse l’offre disponible, et les inefficacités dans les opérations aval de l’EGPC, combinées à une monnaie affaiblie et aux subventions aux carburants, exercent une pression sur les équilibres fiscaux du pays.  

Le rôle principal de l’EGPC est de faciliter l’investissement étranger dans le secteur amont de l’Égypte, en agissant comme concessionnaire d’État et gestionnaire de données. Toutefois, l’impact économique global du secteur est limité par une consommation énergétique intérieure en forte augmentation et par les charges fiscales liées aux subventions. Cette situation met en évidence une tension fondamentale entre le potentiel d’exportation du pays et sa sécurité énergétique intérieure, ainsi que sa santé fiscale. Pour que l’Égypte puisse pleinement bénéficier de ses ressources, des réformes politiques complètes au-delà de la simple production amont sont nécessaires.

Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC) (République du Congo)

La Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC) est une institution industrielle et commerciale publique créée en 1998, chargée de gérer les intérêts de l’État congolais sur l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures. La SNPC opère par l’intermédiaire de filiales spécialisées, notamment SONAREP (exploration et production), SFP (forage), ILOGS (logistique), SNPC Trading (commercialisation internationale), CORAF (raffinerie) et SNPC Distribution (distribution nationale).  

La SNPC détient un monopole sur l’importation de produits pétroliers raffinés, et la raffinerie CORAF répond à 70 % des besoins du pays, bien qu’elle fonctionne en dessous de sa capacité et soit confrontée à des coûts de production élevés en raison d’inefficacités. La compagnie a contracté des dettes adossées au pétrole, qui constituent la principale source de dette non gouvernementale centrale, contribuant à un fardeau d’endettement national élevé (88 % du PIB en 2019).  

L’intégration verticale étendue de la SNPC vise à garantir l’indépendance énergétique du Congo. Cependant, cette ambition est entravée par des inefficacités opérationnelles dans ses actifs aval, en particulier la raffinerie CORAF, et par un endettement significatif adossé au pétrole. Cette situation pose un risque budgétaire considérable pour l’État, soulignant les défis inhérents à une NOC fortement intégrée mais confrontée à des contraintes d’efficacité et de gestion de la dette.

Gabon Oil Company (GOC) (Gabon)

La Gabon Oil Company (GOC) est la compagnie pétrolière nationale du Gabon, détenue à 100 % par l’État. Elle est responsable de la gestion des ressources en hydrocarbures du pays et dirige les activités d’exploration, de production et de développement onshore et offshore. La GOC est autorisée à acquérir jusqu’à 15 % des participations dans tous les blocs pétroliers en production, garantissant ainsi la participation de l’État.  

La compagnie est l’actionnaire majoritaire de la Société Gabonaise d’Entreposage des Produits Pétroliers (SGEPP), spécialisée dans le stockage et le conditionnement des hydrocarbures liquides et du gaz, et de Pizolub, un producteur de lubrifiants. Elle détient également une participation minoritaire dans la compagnie de logistique offshore Bourbon Gabon. La GOC étend activement son portefeuille par des acquisitions stratégiques, notamment les actifs d’Assala Energy en 2023 (comprenant 7 licences de production onshore, 45 000 b/j, des infrastructures de pipeline et le terminal d’exportation de Gamba) et le portefeuille de Tullow Oil en 2025.  

La GOC poursuit une stratégie d’accroissement direct du contrôle et de la participation de l’État dans le secteur gabonais des hydrocarbures par le biais d’acquisitions stratégiques d’actifs existants. Cette approche reflète une impératif national clair de maximiser les revenus et l’influence sur l’industrie. Le Gabon, en tant que producteur mature, cherche ainsi à inverser le déclin de sa production par des objectifs ambitieux et des réformes politiques significatives (comme la loi sur les hydrocarbures de 2019) visant à attirer les investissements internationaux.  

GEPetrol (Guinée Équatoriale)

GEPetrol a été créée en février 2001 en tant que compagnie pétrolière nationale de la République de Guinée Équatoriale. Elle gère la participation de l’État en tant qu’actionnaire et les droits et obligations découlant des contrats de partage de production (PSCs). GEPetrol agit également comme agent pour la vente de la part de l’État dans les hydrocarbures et est responsable de la promotion des zones d’exploration ouvertes.  

Cependant, la Guinée Équatoriale est confrontée à un déclin significatif de sa production d’hydrocarbures, qui devrait chuter de 50 % entre 2023 et 2028, entraînant de graves défis économiques. Le PIB réel du pays a déjà diminué de 5 % par an entre 2014 et 2021, et un accident sur l’une des plus grandes plateformes pétrolières au premier semestre 2023 a provoqué un effondrement de 18,9 % du PIB réel des hydrocarbures.  

Le rôle principal de GEPetrol est de gérer les intérêts de l’État et d’attirer les investissements étrangers. Toutefois, la compagnie opère dans un environnement difficile de déclin de la production. Cela met en évidence les limites d’un modèle de NOC facilitateur lorsque la disponibilité des ressources sous-jacentes ou l’attractivité des investissements diminuent. Pour la Guinée Équatoriale, la capacité à inverser cette tendance dépendra de découvertes majeures et d’un investissement soutenu.

Ghana National Petroleum Corporation (GNPC) (Ghana)

La Ghana National Petroleum Corporation (GNPC) est une entité publique dont le mandat est d’explorer, de développer et d’assurer l’approvisionnement en pétrole pour les Ghanéens. La GNPC a joué un rôle central dans la découverte des champs de Jubilee en 2007 et conserve une participation dans ces actifs clés, permettant au Ghana de bénéficier des revenus générés.  

Les découvertes continues et les accords (par exemple, avec Aker Energy et AGM Petroleum Ghana) devraient stimuler considérablement la production pétrolière du pays. Le secteur pétrolier a eu un impact positif sur la croissance du PIB du Ghana, les rentes pétrolières contribuant de manière significative. Le gouvernement ghanéen est confiant dans sa capacité à éviter les problèmes typiques de la « malédiction des ressources » grâce à une gestion prudente et à des initiatives de responsabilité sociale des entreprises (RSE) menées par la Fondation GNPC.  

La GNPC est au cœur de l’économie pétrolière émergente du Ghana, démontrant une participation étatique efficace dans les découvertes et la gestion des actifs. L’approche proactive du gouvernement pour éviter les pièges de la « malédiction des ressources » par une gestion attentive et des initiatives de RSE indique un modèle de développement plus durable pour les hydrocarbures.

2.2. Compagnies Pétrolières Internationales (IOCs) : Principaux Opérateurs et Leurs Contributions

Les IOCs apportent capital, technologie et expertise à l’Afrique, jouant un rôle essentiel dans le développement des ressources du continent.

Shell Plc

Shell est un groupe mondial de premier plan dans le domaine de l’énergie et de la pétrochimie. Historiquement, elle a été l’un des plus grands producteurs de pétrole au Nigéria, avec des opérations onshore et offshore. Récemment, Shell a finalisé la vente de sa filiale nigériane onshore (SPDC) à Renaissance Africa Energy Company Limited (RAEC), ce qui marque un changement stratégique.  

La stratégie de Shell en Afrique se concentre désormais sur la production de pétrole et de gaz en eaux profondes (par exemple, SNEPCo a été pionnière de la production en eaux profondes à partir du champ de Bonga au Nigéria) et sur la distribution de gaz (Shell Nigeria Gas). Shell est également active en Afrique du Sud (réseau de vente au détail) et en Égypte (activités amont dans le désert occidental et le delta du Nil, distribution de gaz, conversion au GNC). La compagnie manifeste un vif intérêt à réintégrer les blocs 21/09 et 20/11 en eaux profondes en Angola, en se concentrant sur le gaz naturel.  

Shell s’engage à réduire son impact environnemental, ayant atteint le zéro torchage de routine dans ses opérations amont au Nigéria. Cette réorientation stratégique du portefeuille africain de Shell, qui consiste à se désengager des actifs onshore complexes et à se concentrer sur les projets en eaux profondes moins complexes et sur le gaz naturel, s’aligne sur ses objectifs mondiaux de décarbonisation et d’efficacité.  

TotalEnergies SE

TotalEnergies est une vaste compagnie énergétique avec des opérations étendues à travers l’Afrique, notamment en Afrique du Sud, en Ouganda, au Nigéria, en Angola et en Algérie. La compagnie est active dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz, le raffinage et la commercialisation, avec un accent prononcé sur les projets en eaux profondes et le gaz.  

TotalEnergies réalise des investissements significatifs dans les énergies renouvelables et l’électricité, développant des projets solaires en Afrique du Sud (portefeuille de 700 MW), en Ouganda (centrale électrique de Soroti) et en Angola (centrale solaire de Quilemba). La compagnie est engagée en faveur de la durabilité et de l’engagement communautaire, ayant atteint le zéro torchage de routine dans ses opérations amont au Nigéria et déployant des technologies de détection du méthane. Elle opère d’importantes licences pétrolières en eaux profondes et ultra-profondes en Angola (Bloc 17, Bloc 32, Bloc 0) et au Nigéria (PML 2/3/4, OML 99, OML 100, OML 102).  

TotalEnergies met en œuvre une stratégie multi-énergies en Afrique, intégrant le développement traditionnel des hydrocarbures avec des investissements substantiels dans les énergies renouvelables et les technologies avancées de décarbonisation. Cette approche positionne la compagnie comme un acteur clé de la transition énergétique sur le continent, démontrant une vision holistique de l’approvisionnement énergétique.

ExxonMobil Corporation

ExxonMobil est l’une des plus grandes compagnies pétrolières et gazières cotées en bourse au monde, possédant de vastes champs pétroliers offshore et d’importants terminaux d’exportation de pétrole brut. La compagnie a des opérations significatives en Afrique, notamment dans des blocs en eaux profondes au Nigéria (5 blocs), en Angola (3 blocs avec un potentiel d’environ 10 milliards de bep), au Mozambique (25 % d’intérêt dans la Zone 4, leader des installations de GNL) et des activités d’exploration en Namibie (3 blocs offshore).  

ExxonMobil met l’accent sur l’utilisation de technologies avancées et une gestion efficace des ressources. La compagnie a une longue histoire dans les pays africains, avec plus de 115 ans de présence au Nigéria et 120 ans en Égypte.  

La concentration constante d’ExxonMobil sur les projets à grande échelle en eaux profondes et de GNL dans des pays africains clés souligne un engagement à long terme dans le développement de ressources d’hydrocarbures complexes et à fort potentiel. Cela est révélateur de sa stratégie mondiale visant à répondre aux besoins énergétiques en constante évolution.

Chevron Corporation

Chevron est une multinationale américaine de l’énergie de premier plan, avec une production significative de pétrole offshore et onshore au Nigéria, souvent en coentreprise avec la NNPC. La compagnie maintient de vastes opérations offshore et des accords de partenariat en Angola, incluant Mafumeira Sul, Angola LNG, le pipeline de traversée du canyon du fleuve Congo et la zone d’unitisation de Lianzi.  

Chevron met à profit l’innovation et la technologie pour maximiser la production des champs matures et découvrir de nouvelles ressources. Elle se concentre également sur l’efficacité énergétique, la réduction du torchage et la gestion du méthane.  

La stratégie de Chevron en Afrique implique l’application de technologies avancées pour optimiser la production des champs matures et le développement des ressources gazières (par exemple, Angola LNG). Cette approche pragmatique vise à maximiser la valeur des actifs existants tout en abordant les préoccupations environnementales.

Eni S.p.A.

Eni est une compagnie énergétique intégrée, fortement impliquée dans l’exploration et la production dans de nombreux pays africains, dont l’Algérie, l’Angola, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, la Libye, le Mozambique, le Nigéria, la République du Congo et la Tunisie. La compagnie s’engage dans des coentreprises pour améliorer la récupération du pétrole et l’exploration gazière.  

Eni est pionnière dans les initiatives de bioénergie, notamment le développement de matières premières agricoles pour les bioraffineries au Kenya. Elle est engagée en faveur de la durabilité, visant la neutralité carbone d’ici 2050 par la réduction des émissions et des investissements dans les énergies renouvelables et les technologies de décarbonisation.  

La présence géographique étendue d’Eni en Afrique, combinée à un accent stratégique notable sur la sécurité de l’approvisionnement en gaz naturel et les projets innovants de bioénergie, positionne la compagnie pour capitaliser sur les opportunités énergétiques traditionnelles et émergentes. Cette approche diversifiée permet à Eni de concilier la croissance de son activité traditionnelle d’hydrocarbures avec un programme de transition énergétique tourné vers l’avenir.

BP p.l.c.

BP est une compagnie énergétique intégrée, impliquée dans divers accords de partage de production et d’importants champs pétroliers en Angola. Elle est active en Afrique du Sud, fournissant des produits pétroliers, des lubrifiants et des produits pétrochimiques via un réseau de distribution et une participation de 50 % dans la raffinerie SAPREF. BP s’est engagée à devenir une compagnie à zéro émission nette d’ici 2050.  

La compagnie est impliquée dans des projets gaziers majeurs en Afrique, tels que le mégaprojet GNL Greater Tortue Ahmeyim Phase 1 au large de la Mauritanie et du Sénégal, et le développement du champ gazier Raven en Égypte. BP a également signé un protocole d’accord avec la NOC libyenne pour évaluer le réaménagement de champs pétroliers géants (Sarir et Messla) et le potentiel non conventionnel.  

BP se réengage de manière sélective dans des projets africains à fort impact, en particulier les développements gaziers/GNL à grande échelle, tout en explorant les opportunités de réaménagement de champs pétroliers matures. Cette stratégie s’inscrit dans son ambition mondiale de zéro émission nette, ce qui indique une concentration sur la maximisation de la valeur des actifs existants et nouveaux, à moindre intensité carbone.

Equinor ASA

Equinor est une compagnie énergétique multinationale qui opère en Algérie, en Angola, en Libye et en Tanzanie, se concentrant principalement sur les activités d’exploration et de production. La compagnie prévoit d’augmenter sa production de pétrole et de gaz de plus de 10 % d’ici 2027, tout en réduisant de moitié ses investissements dans les énergies renouvelables en raison de contraintes économiques. Equinor s’est retirée du Nigéria en vendant ses actifs pétroliers à Chappal Énergies.  

Equinor est à la tête d’un important projet de gaz naturel liquéfié (GNL) en Tanzanie, estimé à 42 milliards de dollars. La compagnie ajuste stratégiquement son portefeuille mondial en privilégiant les actifs d’hydrocarbures rentables en Afrique (par exemple, le GNL en Tanzanie) et en augmentant ses objectifs globaux de production de pétrole et de gaz, même si elle réduit ses investissements dans les énergies renouvelables. Cette approche met en évidence la tension persistante entre les objectifs de transition énergétique et la rentabilité à court et moyen terme pour les IOCs.  

China National Petroleum Corporation (CNPC)

La China National Petroleum Corporation (CNPC) est la troisième plus grande compagnie pétrolière au monde, avec des actifs et des intérêts pétroliers et gaziers dans plus de 30 pays à l’échelle mondiale. CNPC s’engage dans des partenariats visant à améliorer les technologies d’extraction et l’exécution des projets.  

La compagnie est fortement impliquée en Afrique, notamment dans la construction et l’exploitation du pipeline pétrolier Nigéria-Bénin (1 950 km), la raffinerie Soraz au Nigéria (détenue à 60 %), et divers autres projets de pipelines, terminaux et dépôts au Tchad, en Tanzanie, en Namibie, en Angola, au Ghana, au Cameroun et en Libye. Les institutions financières de développement chinoises (CHEXIM, CDB) ont fourni 52,38 milliards de dollars de prêts pour l’énergie en Afrique entre 2000 et 2022, dont 51 % pour des projets de combustibles fossiles.  

L’engagement global de CNPC en Afrique dépasse la simple extraction de ressources pour inclure un développement significatif des infrastructures sur l’ensemble de la chaîne de valeur des hydrocarbures. Cela reflète la vision stratégique à long terme de la Chine pour sécuriser ses ressources énergétiques et étendre son influence mondiale par le biais de projets intégrés.

2.3. Acteurs Émergents et Partenariats Locaux

Le marché africain des hydrocarbures, bien que dominé par un petit nombre de grandes compagnies internationales et nationales , voit l’émergence d’un écosystème croissant d’acteurs locaux et de fournisseurs de services. La présence de diverses entreprises locales et de coentreprises (par exemple, au Nigéria) témoigne de cette dynamique.  

De nouveaux investissements provenant de compagnies chinoises et françaises contribuent à la relance de la production au Tchad. Le Soudan du Sud a attiré des partenariats chinois pour la réhabilitation de champs et de pipelines vieillissants. De même, la République du Congo a bénéficié d’un investissement étranger accru, notamment de la part d’entreprises chinoises et européennes.  

L’implication croissante de compagnies chinoises et d’autres firmes européennes non traditionnelles, en parallèle avec les efforts visant à développer le contenu local et les entreprises autochtones, indique une diversification des sources d’investissement. Cela suggère également un renforcement progressif des capacités locales au sein du secteur africain des hydrocarbures. Cette tendance est cruciale pour que les pays africains puissent maximiser les retombées économiques de leurs ressources naturelles, au-delà de la simple extraction.

3. Dynamique du Marché Africain des Hydrocarbures

Le marché africain des hydrocarbures est en constante évolution, marqué par des activités sur l’ensemble de la chaîne de valeur, des tendances innovantes, des défis persistants et des perspectives de croissance significatives.

3.1. Activités Amont, Intermédiaires et Aval à Travers le Continent

Le secteur pétrolier et gazier africain couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, des activités d’exploration et de production (amont) au transport et au stockage (intermédiaire), jusqu’au raffinage et à la distribution (aval).

Les activités amont dominent le marché africain, avec un intérêt croissant pour les bassins en eaux profondes et ultra-profondes. Des découvertes majeures continuent d’être faites, comme le champ gazier de Zohr en Égypte, considéré comme la plus grande découverte jamais réalisée en Méditerranée , et le champ de Baleine en Côte d’Ivoire. Cette concentration sur l’amont est un moteur essentiel de la croissance du marché, soutenue par des investissements continus dans l’exploration et la production.  

Les opérations intermédiaires sont cruciales pour la croissance du marché, impliquant le transport et le stockage du pétrole brut et du gaz naturel. Les pipelines transfrontaliers tels que le Tchad-Cameroun, SUMED, Tazama et Petrodar sont des exemples notables, et plusieurs autres projets (LAPSSET, EACOP, AZOP, Niger-Tchad) sont à l’étude ou en construction (pipeline pétrolier Niger-Bénin). L’expansion et la modernisation des infrastructures pétrolières et gazières, y compris les pipelines, les installations de stockage et les raffineries, sont vitales pour une production et une distribution efficaces.  

Les processus aval englobent le raffinage du pétrole brut en produits utilisables comme l’essence, le diesel et le carburéacteur, ainsi que la commercialisation et la distribution de ces produits aux consommateurs. Cependant, la capacité de raffinage de l’Afrique est limitée : les raffineries africaines ne peuvent raffiner que 3,3 millions de barils par jour, malgré une demande de 4,1 millions de barils par jour en 2020. Cette lacune conduit à une situation où l’Afrique est un exportateur net de pétrole brut mais un importateur net de produits raffinés. L’Afrique du Sud se distingue comme le seul pays d’Afrique subsaharienne doté d’une capacité de raffinage significative, couvrant environ 67 % de sa demande intérieure.  

3.2. Tendances Clés et Forces Motrices du Marché

Le marché africain des hydrocarbures est influencé par plusieurs tendances et forces motrices :

  • Croissance de la demande énergétique : La croissance démographique rapide et l’urbanisation en Afrique entraînent une augmentation de la demande d’énergie pour les usages résidentiels, commerciaux et industriels.  
  • Investissements dans les infrastructures : Des investissements gouvernementaux substantiels dans le développement des infrastructures, y compris les pipelines, les raffineries et les centrales électriques, créent un environnement propice à la croissance du secteur.  
  • Accent sur la durabilité et la responsabilité sociale : Le secteur met de plus en plus l’accent sur la durabilité et la responsabilité sociale. L’adoption de technologies avancées d’exploration et d’extraction, telles que les techniques de récupération assistée du pétrole (EOR) et l’imagerie sismique, est en augmentation. L’intégration croissante des technologies numériques améliore l’efficacité et la sécurité.  
  • Transition vers le gaz naturel : La demande de gaz naturel en tant que source d’énergie plus propre est en hausse. L’Algérie et le Nigéria sont les plus grands exportateurs de GNL, et de grands projets gaziers sont en cours, comme le champ de Zohr en Égypte.  
  • Développement en eaux profondes et ultra-profondes : Les activités d’exploration et de production se déplacent de plus en plus vers les bassins en eaux profondes et ultra-profondes.  
  • Politiques de soutien : Des cadres réglementaires favorables, y compris des procédures de licence simplifiées et des régimes fiscaux stables, attirent les investissements et stimulent la croissance. Des initiatives telles que le « Industry-Wide Oil Revenue Recovery Initiative » au Nigéria visent à lutter contre le vol de pétrole brut et à récupérer les revenus perdus.  

3.3. Défis et Risques

Malgré son potentiel, le secteur africain des hydrocarbures est confronté à des défis importants :

  • Problèmes de sécurité et instabilité politique : Les problèmes de sécurité, la corruption et les risques liés à l’instabilité politique ont augmenté les coûts d’exploration et de production dans certains pays, réduisant les efforts d’exploration. Au Nigéria, par exemple, les coûts de production sont élevés (25 à 30 dollars par baril) en raison des investissements massifs dans la sécurité des pipelines.  
  • Manque de capital et d’infrastructures : Le manque de capital et les infrastructures vieillissantes ou insuffisantes entravent le plein potentiel du secteur. La capacité de raffinage limitée de l’Afrique et sa dépendance aux importations de produits raffinés en sont un exemple frappant.  
  • Déclin des champs matures : Le déclin de la production dans les champs pétroliers matures, comme en Algérie et en Guinée Équatoriale, nécessite des techniques de récupération assistée du pétrole (EOR) pour maintenir les niveaux de production.  
  • Dépendance économique et vulnérabilité : De nombreux pays africains sont fortement dépendants des revenus pétroliers, ce qui les rend vulnérables aux fluctuations des prix mondiaux. L’Angola, par exemple, a vu ses bénéfices annulés par des frais d’intérêt élevés et a été confronté à une dette élevée.  
  • Torchage de gaz : Le torchage de gaz reste un problème environnemental et économique majeur. Le Nigéria, l’Angola, le Congo et le Gabon sont des pays où le torchage est important. L’Algérie était le sixième pays le plus grand torchage de gaz en 2023.  
  • Défis de gouvernance : La corruption et les inefficacités dans la gestion des compagnies pétrolières nationales peuvent entraver la rentabilité et le développement du secteur, comme en témoignent les problèmes de Sonangol en Angola ou de la raffinerie CORAF au Congo.  

3.4. Perspectives d’Avenir et Opportunités

Malgré les défis, l’avenir du secteur africain des hydrocarbures présente des opportunités significatives :

  • Croissance de la production : Le Nigéria vise 2,06 millions de b/j d’ici 2027 et la Libye 2 millions de b/j d’ici fin 2025. Le Gabon vise à doubler sa production à 500 000 b/j d’ici 2025. Ces objectifs ambitieux, si atteints, transformeront le paysage de la production.  
  • Développement du gaz naturel : Le gaz est de plus en plus considéré comme un combustible de transition. Des projets majeurs comme le GNL en Tanzanie (42 milliards de dollars) et le projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA) au large de la Mauritanie et du Sénégal (2,3 millions de tonnes de GNL par an) soulignent le potentiel de croissance du gaz.  
  • Investissements étrangers : Les réformes politiques visant à améliorer l’attractivité des investissements, telles que la nouvelle loi sur les hydrocarbures du Gabon en 2019 , et les appels d’offres libyens pour l’exploration , sont conçues pour attirer davantage de capital étranger.  
  • Intégration de la chaîne de valeur : Des pays comme le Nigéria investissent dans les infrastructures gazières intermédiaires (pipelines OB3, AKK) pour stimuler la production et l’approvisionnement intérieurs. Le développement de bioraffineries (comme celles d’Eni au Kenya) et l’expansion des capacités de raffinage sont également des opportunités pour ajouter de la valeur localement.  
  • Technologies de décarbonisation : L’adoption de technologies de capture et de stockage du carbone (CCS) gagne du terrain, et les compagnies s’engagent à réduire le torchage et les émissions de méthane. TotalEnergies, par exemple, a atteint le zéro torchage de routine dans ses opérations nigérianes.  

4. Conclusion

Le secteur des hydrocarbures en Afrique est à un carrefour, confronté à la fois à d’immenses opportunités et à des défis structurels. La richesse en ressources du continent, en particulier dans le pétrole et le gaz naturel, continue d’attirer des investissements significatifs de la part des NOCs et des IOCs. Cependant, la pleine réalisation de ce potentiel est conditionnée par la capacité des pays à surmonter les problèmes de sécurité, à moderniser les infrastructures, à améliorer la gouvernance et à naviguer dans la transition énergétique mondiale.

La tendance croissante à la diversification des sources d’investissement, avec une présence chinoise notable, et l’accent mis sur le développement du gaz naturel en tant que combustible de transition, sont des évolutions positives. De plus, l’engagement croissant des compagnies envers la durabilité, comme la réduction du torchage et l’investissement dans les énergies renouvelables, est crucial pour l’acceptabilité sociale et environnementale à long terme du secteur.

Pour maximiser les bénéfices économiques et assurer un développement durable, les pays africains doivent poursuivre les réformes politiques, investir dans le renforcement des capacités locales et favoriser un environnement stable pour les investissements. La capacité à transformer les ressources brutes en produits raffinés et à développer les marchés intérieurs est également essentielle pour capturer davantage de valeur ajoutée sur le continent. En somme, le secteur des hydrocarbures en Afrique est appelé à jouer un rôle central dans le paysage énergétique mondial, mais son succès futur dépendra de la manière dont les défis actuels seront relevés et les opportunités saisies.

Annexe : Tableau des Compagnies et Leurs Coordonnées

CompagniePays d’Opération PrincipalActivités Principales en AfriqueCoordonnées Principales
Compagnies Pétrolières Nationales (NOCs)
Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC)NigériaExploration, production, régulation, développement d’actifs, partenariats avec IOCs, raffinage, transport, commercialisation  Site web: nnpcgroup.com
Sonatrach S.p.A.AlgérieExploration, production, négoce international d’hydrocarbures, transport maritime, partenariats (ex: Eni)  Adresse: 1st & 2nd Floors, Panton House, 25 Haymarket, London SW1Y 4EN (Sonatrach Petroleum Corporation BVI)  Tél: +44 (0)20 7484 2900  Fax: +44 (0) 20 7925 1486  Site web: sonatrach.co.uk
Sonangol E.P.AngolaExploration, production, fabrication, transport, commercialisation d’hydrocarbures, raffinage, pétrochimie, gaz, énergies renouvelables  Adresse: Rua Rainha Ginga, No 29/31, Caixa Postal 1316, Luanda, Angola  Tél: +244 222 334448  Fax: +244 222 391782  Site web: sonangol.co.ao
National Oil Corporation (NOC)LibyeExploration, production de pétrole et gaz, raffinage, pétrochimie, énergies renouvelables, modernisation du secteur  Tél: 0213337141-49 ou 0213337151-56  Email: info@noc.ly  Site web: noc.ly
Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC)ÉgypteGestion des activités d’exploration et d’exploitation avec contractants (PSAs), stockage de données géologiques, plans de production  Adresse: Palestine St., New Maadi, Cairo, Egypt 11742  Tél: +2(02)2706-6900  Email: EGPC@egpc.com.eg  Site web: egpc.com.eg
Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC)République du CongoGestion des intérêts de l’État dans l’E&P, le traitement, le négoce, le raffinage (CORAF), la distribution  Tél: 083 000 1000  Site web: groupesnpc.com
Gabon Oil Company (GOC)GabonExploration, production, développement onshore/offshore, acquisitions d’actifs, stockage (SGEPP), lubrifiants (Pizolub)  Adresse: 1586, Avenue Paul Moukambi, Upper Gué Gué PO Box 635, Libreville, Gabon  Tél: (241) 01 48 41 00 ou 06 00 80 81/82  Email: contact@gabonoil.com  Site web: theenergyyear.com/energy-company/gabon-oil-company/
GEPetrolGuinée ÉquatorialeGestion de la participation de l’État dans les PSCs, vente de la part de l’État en hydrocarbures, promotion de zones d’exploration  Adresse: Calle Acacio Mane 39, PO Box 965, Malabo, República de Guinea Ecuatorial  Tél: +(240) 333 093549 (Ministère)  Site web: guineaecuatorialpetrol.com
Ghana National Petroleum Corporation (GNPC)GhanaExploration, développement, approvisionnement en pétrole, gestion des participations dans les champs (ex: Jubilee)  Adresse: Petroleum House, Tema, Ghana  Tél: (+233)-30-320-6020  Email: info@gnpcghana.com  Site web: gnpcghana.com
Compagnies Pétrolières Internationales (IOCs)
Shell PlcMultiples (Nigéria, Afrique du Sud, Égypte, Angola)E&P (eaux profondes), distribution de gaz, raffinage, vente au détail, bioénergie  Afrique du Sud: The Campus, Twickenham Building, 57 Sloane Street, Epsom Downs, Bryanston, 2021  Tél: (+27) 11 996 7000  Site web: shell.com.ng, shell.co.za
TotalEnergies SEMultiples (Nigéria, Angola, Algérie, Afrique du Sud, Ouganda)E&P (eaux profondes, gaz), GNL, raffinage, distribution, énergies renouvelables (solaire), réduction du méthane  Site web: totalenergies.com/africa (inaccessible), totalenergies.com/south-africa, totalenergies.com/uganda, totalenergies.com/nigeria, totalenergies.com/angola, totalenergies.com/algeria Contact général via formulaire sur le site  
ExxonMobil CorporationMultiples (Nigéria, Angola, Mozambique, Égypte, Namibie)E&P (eaux profondes), GNL, lubrifiants, carburants, développement de contenu local  Site web: corporate.exxonmobil.com/locations/africa-middle-east-region Contact général via formulaire sur le site  
Chevron CorporationMultiples (Nigéria, Angola, Guinée Équatoriale, Rép. du Congo, Afrique du Sud)E&P (onshore, offshore, eaux profondes), GNL, gestion du méthane  Site web: chevron.com/what-we-do/energy/oil-and-natural-gas Angola: Contact via formulaire sur le site  
Eni S.p.A.Multiples (Algérie, Angola, Côte d’Ivoire, Égypte, Ghana, Kenya, Libye, Mozambique, Nigéria, Rép. du Congo, Tunisie)E&P (gaz, pétrole), GNL, bioénergie (bioraffineries), décarbonisation  Site web: eni.com/en-IT/home.html Contact général via formulaire sur le site  
BP p.l.c.Multiples (Angola, Afrique du Sud, Mauritanie, Sénégal, Égypte, Libye)E&P (gaz, pétrole), GNL, raffinage, distribution, objectifs net-zéro  Afrique du Sud: Email: helpdeskmailbox@bp.com  Tél: 0860 222 166  Site web: bp.com/en_za/south-africa/home.html
Equinor ASAMultiples (Algérie, Angola, Libye, Tanzanie)E&P (pétrole, gaz), GNL, transition énergétique  Angola: Belas business park, Edifício Luanda 3º andar – Talatona, Luanda  Tél: +244 923 408 521  Libye: Sidi Abdul Jalil- Janzour, Palm City, Apartment 3B, East Apt 2, Tripoli, Libya  Site web: equinor.com
China National Petroleum Corporation (CNPC)Multiples (Algérie, Niger, Tchad, Tanzanie, Namibie, Angola, Ghana, Cameroun, Libye)E&P, raffinage, pétrochimie, services pétroliers, construction d’infrastructures (pipelines, terminaux)  Siège social (Pékin): 9 Dongzhimen North Street, Dongcheng District, Beijing, P.R. China, 100007  Tél: +86 10 6209 4114  Email: admin_eng@cnpc.com.cn  Filiales africaines ont des contacts spécifiques (ex: Angola: S8, Talatona Do Levita, Luanda, Angola. Tél: +86 13903160246)  
Autres NOCs et entités
Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT)TchadOpérations pétrolières et gazières  Adresse: N’Djamena, Tchad  Tél: (235) 2252 0630  Fax: (235) 2252 0729  
NilepetSoudan du SudBras technique, opérationnel et commercial du Ministère du Pétrole et des Mines  Adresse: P.O. Box 390, Plot 496-Block no. 3k, Opp. Arkel Restaurant, Off Airport-Ministries Road  Tél: +211955668869, +211 915586488  Email: info@nilepet.com  
Empresa Nacional de Hidrocarbonetos (ENH)MozambiqueReprésente le gouvernement dans les opérations pétrolières, Area 4, expansion portuaire, distribution de gaz  Adresse: Ave. 25 de Septembro n. 270, Time Square, P.O. Box 4787, Maputo, Mozambique  Tél: +258 21 333 490  Email: info@enh.co.mz  Site web: enh.co.mz
Tanzania Petroleum Development Corporation (TPDC)TanzanieMet en œuvre les politiques d’exploration et de développement pétrolier  Adresse: Co-operative Building Lumumba Street Dar es Salaam, P.O. Box 2774/5233  Tél: +255 22 22-6452  Email: kajato@tpdc-tz.com  Site web: tpdc-tz.com
Uganda National Oil Company (UNOC)OugandaOpérations pétrolières nationales  Adresse: Plot 15 Yusuf Lule Rd, P.O Box 36316, Kampala, Ouganda – Afrique de l’Est  Tél: (256) 312 444 600  Email: info@unoc.co.ug  Site web: unoc.co.ug
National Oil Corporation of Kenya (NOCK)KenyaOpérations pétrolières nationales  Adresse: KAWI house – South C, Popo Lane, Off Red Cross Road, P.O Box 58567 – 00200 Nairobi, Kenya  Tél: +254-20-695-2000  Email: feedback@nockenya.co.ke (plaintes clients), ceo@nockenya.co.ke (bureau du PDG)  Site web: nationaloil.co.ke

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